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  • Diner Débat Septembre 2026

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    Une Cinquantaine de personnes se sont retrouvées autour de Paul-Louis BELLETANTE, entrepreneur, pour un dîner-débat sur le thème :

     

    « L’entrepreneuriat dans la santé numérique »

     

    Entrepreneur de cœur, Paul-Louis Belletante a choisi un domaine très particulier pour entreprendre : la santé numérique. Lors de son intervention, il est revenu sur un parcours commencé dans le digital, avant de prendre progressivement une direction beaucoup plus engagée : utiliser la technologie pour améliorer concrètement la prise en charge des patients.

    Sa première entreprise, créée à la sortie de ses études, évolue dans le numérique, principalement autour de la communication et notamment dans l’univers du luxe. L’expérience est formatrice et l’entreprise se développe, mais après quelques années, une question s’impose : comment utiliser cette capacité à entreprendre pour avoir davantage d’impact ?

    C’est au début des années 2010 que Paul-Louis Belletante se tourne vers la santé numérique. À l’époque, le secteur en est encore à ses débuts. Les usages digitaux en santé sont peu développés, les questions autour des données de santé suscitent beaucoup de méfiance et les modèles économiques restent largement à inventer.

    Il fonde alors Betterise, avec une conviction simple : dans les maladies chroniques, l’essentiel de la vie du patient se déroule en dehors du cabinet médical ou de l’hôpital. Comprendre sa maladie, bien prendre son traitement, adapter son alimentation, son activité physique ou encore savoir réagir face à certains symptômes peut avoir un impact considérable sur l’évolution de la maladie.

    Betterise développe ainsi des programmes numériques d’accompagnement thérapeutique destinés à aider les patients dans leur quotidien. Mais l’entreprise se heurte rapidement à une difficulté bien connue du secteur : la prévention et l’accompagnement sont utiles, mais il reste difficile de déterminer qui est prêt à les financer.

    À partir de la période du Covid, l’entreprise franchit alors une nouvelle étape en se tournant vers la télésurveillance médicale. Le principe consiste à recueillir régulièrement des informations auprès des patients, à les analyser grâce à des algorithmes et à signaler aux équipes soignantes les situations nécessitant une intervention.

    La technologie est déployée dans plusieurs spécialités : cardiologie, diabétologie, insuffisance rénale et surtout oncologie. Les études cliniques conduites dans ce domaine montrent le potentiel de ces dispositifs : amélioration du suivi des symptômes et des effets indésirables, meilleure qualité de vie, réduction de certaines hospitalisations ou passages aux urgences et, dans certaines études de télésurveillance en cancérologie, amélioration de la survie.

    Cette démonstration clinique permet aussi de franchir une étape essentielle pour une entreprise de santé numérique : intégrer le système de soins. La télésurveillance devient progressivement un acte reconnu et financé par l’Assurance Maladie, rémunérant à la fois la technologie et les professionnels de santé qui organisent ce suivi à distance. Pour Betterise, il s’agit d’un changement majeur : la preuve clinique trouve enfin son prolongement dans un modèle économique pérenne.

    L’entreprise, aujourd’hui intégrée à Resilience, est devenue l’un des acteurs importants du suivi numérique des patients atteints de cancer. Plusieurs dizaines de milliers de patients utilisent ces technologies, désormais déployées dans différents pays européens et aux États-Unis.

    Mais pour Paul-Louis Belletante, l’entrepreneuriat reste avant tout lié au plaisir de construire : « ce moment où l’on repart d’une page blanche, où tout reste à faire et où beaucoup de choses semblent encore impossibles ».

    C’est dans cet esprit qu’il a lancé une nouvelle aventure entrepreneuriale depuis Biarritz : Boli Care.

    Cette fois, l’ambition est de s’attaquer à l’un des grands enjeux sanitaires des prochaines décennies : l’obésité. Maladie chronique complexe, elle concerne aujourd’hui plusieurs millions de personnes en France et progresse rapidement dans de nombreux pays.

    Dans le même temps, l’arrivée de nouvelles générations de traitements, notamment les médicaments de la famille des GLP-1, est en train de bouleverser profondément la prise en charge. Leur efficacité ouvre des perspectives considérables, mais fait apparaître un nouveau problème : le système de soins n’est pas dimensionné pour accompagner le nombre de patients susceptibles d’en bénéficier.

    La réussite d’un traitement de l’obésité ne repose en effet pas uniquement sur la prescription d’un médicament. Elle nécessite un suivi dans le temps : gestion des effets secondaires, adaptation progressive du traitement, évolution des habitudes alimentaires, maintien de l’activité physique, prévention de la perte musculaire ou encore accompagnement psychologique.

    C’est précisément sur ce point que Boli Care entend intervenir.

    La plateforme accompagne le parcours avant, pendant et entre les consultations. Avant la consultation, elle aide à recueillir et structurer les informations utiles sur le patient. Entre deux rendez-vous, elle permet de suivre son évolution et de l’accompagner dans son quotidien. Lors de la consultation, elle restitue au professionnel de santé une vision synthétique de la situation, afin qu’il puisse consacrer davantage de temps à la décision médicale et à l’échange avec son patient plutôt qu’à la collecte d’informations.

    Derrière l’outil se trouve une ambition beaucoup plus large : contribuer à rendre possible une prise en charge de l’obésité à grande échelle, sans dégrader la qualité du suivi.

    Alors que les innovations thérapeutiques pourraient rendre éligibles un nombre considérable de nouveaux patients, Boli Care veut devenir une infrastructure permettant aux professionnels de santé d’en suivre davantage, tout en conservant une prise en charge personnalisée.

    Développée à Biarritz par une équipe de six personnes, la plateforme est déjà certifiée dispositif médical et commence ses premiers déploiements à l’automne 2026.

    Après avoir participé à l’essor de la télésurveillance en oncologie, Paul-Louis Belletante veut ainsi reproduire, dans l’obésité, une conviction qui traverse tout son parcours : la technologie n’a d’intérêt en santé que lorsqu’elle permet aux soignants de mieux soigner et aux patients d’être mieux accompagnés.

    Retrouvez les photos :

    https://photos.google.com/share/AF1QipMTUznXbQbx7zd75PQ3-u5j05ZVm60umItRNog-gGAQaAp-Aj9Dw96rnEyHzTbf7A?key=MWpLeUtXSkI0SVM3RWNLY00zUWxRSHk3WkZhdlZR